Val-d’Oise : Le dernier eldorado - Le Nouvel Observateur

Tantôt bourgeois, tantôt populaire ou campagnard, le Val-d’Oise offre encore des prix abordables, malgré la flambée des cinq dernières années.

L e Val-d’Oise reste méconnu, mais le doublement des prix en cinq ans témoigne de l’intérêt grandissant des candidats à l’acquisition pour ce département. « Depuis quelques années, on assiste à un déplacement de populations, avec l’arrivée d’habitants des Hauts-de-Seine, des Yvelines, de Seine-Saint-Denis mais aussi de Paris, chassés par les tarifs prohibitifs », constate Ludovic Fresquet de la Fnaim. Malgré la hausse, le Val-d’Oise, avec des prix au m 2 compris entre 1 800 € et 4 000 € , reste en effet le département le moins cher de la grande couronne avec la Seine-et-Marne, et offre aux primo-accédants la possibilité de devenir propriétaires.
Depuis quelques mois, les prix ont amorcé une stagnation… « Ce qui ne veut pas dire qu’ils baissent », souligne Philippe Sansot, notaire à Montmorency. Car le Val-d’Oise dispose d’arguments attractifs : « Dans certaines villes, on est à une demi-heure de Paris avec l’impression d’être à 200 kilomètres… »

Géographiquement, le département se divise en trois zones. La nationale 1, accès direct par la porte de la Chapelle, sépare Sarcelles, Gonesse et Roissy « tendance un peu Seine-Saint-Denis », d’un Val-d’Oise plus résidentiel, et donc plus cher, de la calme vallée de Montmorency (Enghien-les-Bains, L’Isle-Adam…). Enfin, tout au nord, s’étend le Vexin, sa campagne vallonnée et ses petits villages de pierre, qui se paient assez cher : il faut compter environ 350 000 à 400 000 € pour acquérir une maison avec deux chambres et 400 m 2 de jardin. Résultat : les acheteurs n’hésitent plus à franchir les derniers kilomètres qui les séparent de l’Oise, où l’on peut acheter une maison avec un budget de 200 000 € .

Nuisances
Le plan d’exposition au bruit condamne les terrains

Le plan d’exposition au bruit est loin de faire l’unanimité. Cette mesure, qui vise à éviter l’installation de nouveaux habitants dans les zones soumises à de fortes nuisances sonores, concerne 69 communes du Val-d’Oise, situées dans les environs de Roissy-Charles-de-Gaulle sur un rayon d’une trentaine de kilomètres. Appliqué par anticipation par la préfecture, ce plan a pour conséquence immédiate le gel des terrains constructibles, et parfois même l’arrêt de programmes immobiliers neufs qui devaient sortir de terre. Le conseil général, qui a voté contre l’extension de ce plan, a demandé à l’Etat de se concentrer sur la réduction des décibels en provenance de l’aéroport en modifiant notamment les procédures de décollage et d’atterrissage des avions plutôt que de bloquer le développement des villes. Affaire à suivre…

Transports
Le point noir

« Cela peut toujours être mieux mais on constate des progrès. » Philippe Sansot, notaire à Montmorency, reconnaît volontiers que le trajet en train de banlieue vers la gare du Nord n’est pas une partie de plaisir « avec des trains rarement à l’heure », mais que le RER A, qui dessert Cergy, et le grand nœud ferroviaire d’Eaubonne, qui fait le lien entre le réseau régional et l’omnibus, ont aidé au désenclavement. Quant aux automobilistes, ils bénéficient du prolongement de la Francilienne et d’un réseau assez dense (A1, A15, A16). S’il faut se lever tôt pour rejoindre Paris par la route et éviter l’engorgement à Gennevilliers, ceux qui travaillent sur Roissy, l’un des grands pôles économiques du département, y trouvent leur compte.

Où acheter selon votre budget

( Prix moyen des notaires au troisième trimestre 2006 )

Cergy
2 668 € le m2

Les investisseurs soutiennent les prix
L’ancienne ville nouvelle poursuit son développement et offre, selon ses quartiers, un éventail de biens adaptés à tous les budgets. Les prix commencent à s’assagir et Cergy est encore ouverte aux primo-accédants. Grâce aux commodités de transports (RER A direct vers Paris, autoroutes…), aux centres commerciaux, au parc de loisirs de 260 hectares, la ville perd son image de cité bétonnée et vieillissante. Les acheteurs privilégient le calme de Port-Cergy sur les étangs et les constructions neuves de Cergy-le-Haut, qui sont aussi les quartiers les plus chers. Les investisseurs s’arrachent les rares studios encore disponibles dans le quartier neuf et font grimper les prix.

« Au mètre carré, un studio vaut plus cher qu’un 4-pièces. Il faut compter au moins 100 000 € pour acquérir un studio, alors qu’un F4 vaut environ 220 000 € », constate-t-on à l’agence Laforêt.Pour un 3-pièces à Port-Cergy, il faut prévoir 240 000 € , une somme qui permet de s’offrir une pièce de plus dans les quartiers plus anciens, construits dans les années 1970 mais réhabilités, de la Préfecture ou de Cergy Saint-Christophe. Pour un petit pavillon avec un jardinet, le premier prix est d’environ 220 000 € .
+ 13,5% en un an

Pontoise
2 604 € le m2

L’heure est à la négociation
Les prix marquent le pas à Pontoise depuis un an mais il faut encore raisonner des propriétaires trop gourmands. « Le marché avait atteint des sommets, explique-t-on à l’agence LCI immobilier, cela revenait plus cher d’acquérir une maison bâtie il y a quinze ans que d’acheter un terrain et de faire construire ! » Pas de baisse généralisée cependant à l’horizon. Pontoise, surtout la ville haute, séduit par son calme quasi provincial et son habitat 1900, à 25 minutes de la gare du Nord. Les promoteurs ont investi les lieux depuis quelques années pour tenter d’enrayer le manque de logements, et surtout de surfaces moyennes. Le neuf est relativement meilleur marché que l’ancien, on peut ainsi trouver des 3-pièces pour 210 000 € , alors qu’un 2-pièces dans l’ancien peut atteindre 190 000 € . En ce qui concerne les maisons, les prix démarrent à 250 000 € .
+ 15,9% en un an

Enghien-Les-Bains
3 440 € le m2

Un budget élevé
Installée au bord de son lac, avec ses pédalos, son casino et son champ de courses, Enghien-les-Bains est surtout le fief des couples aisés même si les prix sont ici aussi entrés dans une phase de stagnation. « Les personnes qui viennent à Enghien savent ce qu’elles cherchent : le calme, un immobilier de qualité et la proximité de Paris. Et si nous avons aujourd’hui moins de visites, les clients sont plus intéressés et les affaires se font rapidement », explique-t-on à l’agence Terminus. De petite taille, la ville ne présente pas de grandes différences de prix entre les quartiers. Les maisons du bord du lac et surtout les appartements du centre-ville sont très recherchés et donc un peu plus chers. Un 3-pièces de 65 m 2 en centre-ville se vend 260 000 € en moyenne. Pour une maison de 140 m 2 , habitable sans travaux, il faudra prévoir au moins 500 000 € , voire quelquefois bien au-delà.
+10,6% en un an

Argenteuil
2 500 € le m2

En pleine mutation
Il y a seulement cinq ans, Argenteuil n’attirait pas les foules. Mais l’arrivée des promoteurs venus rafraîchir un parc immobilier plutôt ancien et le changement de municipalité ont dynamisé le marché. Argenteuil a rattrapé son retard et les prix ont grimpé en conséquence. Mais la tendance est à la stagnation, les professionnels prévoient même une légère baisse, salutaire pour les acquéreurs et notamment les primo-accédants. Des Parisiens et des habitants de la petite couronne, en quête de prix abordables mais désireux de ne pas passer des heures dans les transports en commun – Argenteuil n’est qu’à 20 minutes de Saint-Lazare par le train –, découvrent une ville en mutation, où l’on peut trouver des 3-pièces d’une soixantaine de m 2 pour 200 000 € . Il faut prévoir environ 3 200 € le m 2 dans l’ancien, mais le neuf se vend de 10% à 15% plus cher. Quelques maisons sont également disponibles sur les Coteaux, à partir de 350 000 € pour une surface de 100 m 2 .
+ 18,6% en un an

Sarcelles
1 802 € le m2

Une petite pause
En pleine mutation, Sarcelles séduit aussi les Parisiens et les habitants des départements limitrophes. Son image s’améliore, elle n’est qu’à 10 minutes de la gare du Nord et ses prix restent attractifs malgré la hausse des dernières années. Seul le centre-ville et notamment le Village continuent de grimper. De nombreux programmes neufs devraient voir le jour, mais le plan d’exposition au bruit (PEB) a mis un coup d’arrêt aux constructions et seuls trois ensembles sortent finalement de terre. En conséquence, l’ancien rattrape les prix du neuf. Le centre-ville, le quartier le plus demandé, offre des prix disparates. Un 3-pièces dans le Village se négocie 160 000 € alors que la même surface près de la synagogue vaut 130 000 € . Il est facile de trouver un pavillon à Sarcelles dans les quartiers résidentiels, mais à condition de disposer d’au moins 300 000 € pour un bien habitable immédiatement… Les prix devraient reprendre prochainement leur ascension avec l’arrivée du tramway.
+ 21,5% en un an

Taverny
2 500 € le m2

Encore abordable
La forêt de Montmorency et des prix encore abordables font de Taverny une destination appréciée, notamment par les candidats à une première acquisition. Le marché, euphorique ces dernières années, commence à s’assagir et les propriétaires acceptent de revoir leurs prétentions à la baisse pour vendre plus rapidement. Bien desservie, la ville se situe sur la ligne C du RER (20 minutes de Paris), et à la croisée d’un réseau autoroutier qui s’est enrichi d’une percée sur Cergy, de quoi séduire les lève-tôt ! Des programmes neufs actuellement en livraison viennent compléter un parc immobilier qui date pour l’essentiel des années 1960. Un 3-pièces en centre-ville se négocie entre 150 000 et 200 000 € . Pour acquérir une maison, il faut prévoir en moyenne 400 000 € et 70 000 € de plus pour une jolie meulière sur les coteaux, près de la forêt.
+ 14,2% en un an

Montmorency
3 063 € le m2

Le calme bourgeois
C’est avant tout pour une certaine qualité de vie – en gros, tranquillité et belles bâtisses – qu’on choisit Montmorency. A condition de disposer d’un solide budget. Les trois quartiers de la ville offrent des biens de qualité. Bâtis dans les années 70, les ensembles du haut de Montmorency, dotés de piscines et tennis, se vendent de 2 500 à 3 000 € le m 2 . Plus demandé, le centre-ville et ses appartements de standing se négocient aux environs de 4 000 € le m 2 . Enfin, dans le bas de Montmorency, choix qui permet de se rapprocher de la gare d’Enghien, les affaires se négocient au-delà de 3 500 € le m 2 . Le prix le plus bas pour une maison frôle les 400 000 € , sachant que la petite ville compte des biens d’exception dont les tarifs grimpent bien au-delà du million d’euros.
+ 9,7% en un an

L'Isle-Adam
3 125 € le m2

Chère tranquillité
Avec quatre-vingt pour cent d’habitat individuel, il est bien plus facile de trouver un pavillon qu’un 3-pièces à L’Isle-Adam. Résultat : si les prix des maisons stagnent depuis quelques mois, ceux des appartements grimpent encore un peu. « Les prix ont trop monté et les acquéreurs sont plus frileux, notamment les primo-accédants pour qui L’Isle-Adam est devenu difficilement abordable », explique Jean-Jacques Guendjian de l’agence Laforêt.

En centre-ville, un F2 de 40 m 2 est proposé à 178 000 € et il faut prévoir 260 000 € pour un F3 dans un immeuble récent avec balcon et parking. Dans le lotissement du parc de Cassant, avec piscine et tennis, les prix démarrent à 300 000 € pour un pavillon de 110 m 2 , et il faut pouvoir débourser environ 450 000 € pour une surface de 170 m 2 sur les hauteurs du parc.
+ 25,8% en un an

Ermont
2 759 € le m2

Charme provincial
À quinze minutes de Paris par le RER C, Ermont offre l’image d’une petite ville de province. Essentiellement composé de maisons de ville construites dans les années 1960, le parc immobilier ne manque pas non plus d’appartements ni de grandes surfaces, puisqu’on peut trouver des biens de 150 m 2 .

Les programmes les plus récents sont sortis de terre dans les années 1990, mais le parc immobilier est globalement de bonne qualité. Comme dans les communes voisines, les prix stagnent depuis quelques mois. Il faut compter de 170 000 à 200 000 € pour un 2-pièces en centre-ville, et de 230 000 à 280 000 € pour un 4-pièces, selon le standing.

Les Parisiens et les habitants des Hauts-de-Seine, qui viennent en nombre à Ermont, trouvent également leur bonheur dans les lotissements de la ville. Il faut cependant pouvoir disposer d’environ 400 000 € pour un pavillon de 100 m 2 avec 500 m 2 de jardin.
+ 16% en un an

Franconville
2 439 € le m2

Toujours la cote
La verdure, les commodités de transport, une municipalité plutôt dynamique, autant d’atouts qui expliquent que Franconville se vend cher. « Heureusement les prix ne bougent plus ! Ils avaient atteint des niveaux tellement élevés qu’ils n’étaient plus compatibles avec la capacité d’endettement des ménages », constate Dominique Lebrun de l’agence Orpi. Actuellement, il faut compter 160 000 € pour acquérir un 2-pièces de 45 m 2 . Les terrains sont rares et se vendent cher, plutôt aux promoteurs. Quelques programmes actuellement en construction contribuent à combler le déficit de logements neufs. Pour s’offrir une maison, il faut disposer d’au moins 400 000 € . Un prix qui double rapidement si l’on souhaite acheter une vieille meulière des années 1930.
+ 6% en un an