Essonne : Atterrissage en vue - Le Nouvel Observateur

Après une année 2006 marquée par une nouvelle flambée, le marché semble désormais se calmer dans le 91. Sauf dans les villes les plus peuplées.

Maintes fois annoncé, l’atterrissage en douceur du marché immobilier de l’Essonne, espéré par les futurs acheteurs… et redouté par les vendeurs, est-il en passe de se produire ? La majorité des professionnels en conviennent : le marché se rééquilibre et les prix se stabilisent. Il était temps. Car à la lecture des différentes statistiques publiées notamment par la Chambre des Notaires de Paris ou par la Fnaim, l’année 2006 aura encore été marquée par une forte augmentation des prix du mètre carré dans le 91. Alors qu’ils n’ont progressé que de 5,6% en Ile-de-France en 2006, après des hausses de 6% et de 18,5% en 2005 et 2004, ils ont bondi de 16,3% sur un an en Essonne pour les appartements, à 2 619 € le mètre carré à la fin du troisième trimestre 2006 selon les derniers chiffres des Notaires. Sur la même période, le prix moyen des maisons, en hausse de 12,4%, s’élevait à 285 769 € . Des hausses qui dépassent celles enregistrées en France, tous types de biens confondus : +7,1% en 2006 selon la Fnaim. Certes, la hausse a décéléré assez nettement par rapport aux années précédentes. Néanmoins, elle a encore dépassé les 10% dans la plupart des villes les plus peuplées du département. Les hausses ont même dépassé les 20% dans certaines villes comme Corbeil-Essonnes, Etampes, Longjumeau ou Viry-Châtillon. L’assagissement est donc relatif.

Entretien avec Manuel Valls

Député-maire PS d’Evry (91)

Comment réussissez-vous à changer l’image d’Evry, ancienne ville nouvelle ?
Après des années de crise sociale et urbaine, nous sommes entrés dans un cycle vertueux depuis trois ans. Nous avons notamment choisi un projet pour la création d’un vrai cœur de ville, à côté du premier centre commercial d’Ile-de-France. Un millier de logements neufs seront réalisés boulevard François-Mitterrand, avec des immeubles de 8 à 14 étages. Leur rez-de-chaussée sera occupé par des commerces, des restaurants et des bureaux, afin de créer une animation, le soir et le week-end, qui n’existe pas aujourd’hui. Avec ce nouveau centre-ville, Evry redevient attractive pour les classes moyennes, notamment celles en provenance de Paris, en quête d’une vie urbaine à un coût compatible avec leurs revenus.

Quel est votre avis sur le droit au logement opposable ?
Nous, socialistes, avons été les premiers à poser des amendements en faveur de ce principe, il y a déjà trois ans. Cependant, le droit au logement opposable ne sera réellement applicable que si les 120 000 logements sociaux par an – dont a besoin notre pays – sont construits en respectant une grande diversité, et si ces lieux de résidence restent accessibles aux plus modestes à travers des plafonds de ressources plus bas qu’actuellement. Il devient plus que jamais nécessaire d’appliquer la loi SRU, imposant 20% de logements sociaux par commune, de manière stricte. Pour moi, il faut déclarer inéligibles les maires qui n’appliquent pas cette loi de la République.

Où acheter selon votre budget

( Prix moyen des notaires au troisième trimestre 2006 )

Brunoy
2 592 € le m2

La campagne tout près
Sur les rives de l’Yerres, à 28 minutes de Paris par le RER D, Brunoy offre deux visages. L’un, très glamour, situé dans le centre-ville et sur les bords de la rivière, composé de maisons bourgeoises réservées aux budgets confortables, l’autre, sur les hauteurs de la ville, proche de Villecresnes et de Mandres-les-Roses où les appartements et les pavillons récents se négocient à des prix bien plus raisonnables que dans la vallée. En effet, si, dans les quartiers chics, le prix d’une maison individuelle dépasse le plus souvent les 450 000 € , et peut dépasser les 600 000 € , les pavillons sur les coteaux de l’Yerres atteignent plus rarement les 350 000 € . En hausse continue depuis la fin des années 90, le marché s’assagit. « Les petites surfaces se vendent toujours bien, mais les pavillons dont les prix dépassent les 400 000 € se vendent difficilement. Les propriétaires sont désormais obligés de réviser leurs prix à la baisse. Le marché a atteint un sommet », observe-t-on à l’Agence de la mairie Orpi. Sur le marché du neuf, c’est le calme plat.
+ 12,8% en un an

Chilly-Mazarin
2 482 € le m2

L’offre se reconstitue
À 33 minutes de la capitale par le RER C, Chilly-Mazarin offre aussi deux visages à ses habitants, délimités par l’A6. Au nord, un centre-ville charmant, recherché par les jeunes couples urbains, attirés par la proximité de la gare. Au sud, de nombreuses résidences où les familles s’arrachent les nombreux pavillons avec jardin encore disponibles sur le marché. C’est l’une des communes qui a enregistré l’une des fortes décélérations de la hausse des prix entre 2005 et 2006. Alors que l’inflation de la pierre à Chilly s’était élevée à 19,7% en 2005, elle n’atteint que 7,9% selon la Fnaim. Désormais, en moyenne, le prix du mètre carré se négocie 2 817 € – contre 1 396 € en 2000 ! –, avec des pics dépassant les 4 000 € en centre-ville et dans le quartier de Morangis. Mais cette effervescence semble prendre fin. « Le marché a atteint un palier ces derniers mois. Désormais, les prix se stabilisent et on trouve plus de biens à vendre », observe Philippe Cabantous à la Fnaim.
+ 11,1% en un an

Corbeil-Essones
2 458 € le m2

Pour les férus du neuf
Peu fréquent dans le 91 : pas moins de sept programmes sont actuellement commercialisés à Corbeil-Essonnes. Mais, sans surprise, les appartements et les maisons, vendus à des tarifs supérieurs à 2 800 € le m 2 , s’arrachent. « La plupart des appartements se vendent sur plan », note un promoteur. Car cette commune, lovée sur les bords de la Seine, et à 40 minutes de la capitale par le RER D, séduit de plus en plus, faisant oublier les turbulences de certains de ces quartiers. A tel point que dans l’ancien, selon la Fnaim, le mètre carré, dont le prix a progressé de 26,4% en 2006, se négocie désormais en moyenne à 2 458 € . Avec des pointes supérieures à 3 500 € pour les belles maisons en meulière situées en centre-ville et en bordure du fleuve.
+ 26,4% en un an

Etampes
2 347 € le m2

Sommet atteint
Le temps où l’on pouvait acquérir à Etampes un pavillon d’une centaine de mètres carrés pour 150 000 € est bien révolu. Désormais, il faut plutôt compter le double. « Toutefois les prix ne grimpent plus et, faute d’acquéreurs, les délais de vente s’allongent », constate Jean-Christophe Da Cruz chez Acces Immobilier. « Les acquéreurs sont désormais plus exigeants et n’hésitent plus à négocier. C’est un réflexe qu’ils avaient un peu perdu ces dernières années », ajoute un négociateur. Résultat, si la hausse des prix des appartements est restée forte en 2006 – le mètre carré a fait un bond de 22,5% pour atteindre 2 347 € –, elle pourrait se tasser en 2007. En attendant, la barre symbolique des 3 000 € est souvent dépassée pour les appartements anciens rénovés du centre-ville, situé à 55 minutes de la capitale par le RER C. Dans le neuf, quatre programmes sortent actuellement de terre à des tarifs dépassant les 3 000 € le mètre carré. Pour un studio, il faut compter 81 000 € minimum.
+ 22,5% en un an

Evry
1 955 € le m2

Petite accalmie en vue
Ancienne ville nouvelle à l’architecture souvent dépassée, Evry retrouve progressivement les faveurs des particuliers, effrayés par les prix pratiqués à Paris et en première couronne. Un succès relatif qui se traduit par une hausse des prix inédite dans cette commune située à 43 minutes de la capitale par le RER D. Alors que le prix moyen du mètre carré ne dépassait pas les 1 000 € en 2000 – 999 exactement selon la Fnaim –, il atteint désormais 2 268 € en moyenne après avoir grimpé respectivement de 20,8% en 2005 et 13,9% en 2006. « Même s’il se maintient à un sommet, le marché semble toutefois changer de nature. Les acheteurs n’hésitent plus à négocier », explique Jean-Pierre Causse chez Agevry. Dans le neuf, deux programmes sont lancés. Mais il reste moins de 10 appartements sur les 39 proposés par le France Terre. Ogic propose des studios de 33 m 2 à 134 000 € , des 3-pièces de 65 m 2 à 206 000 € et des 5-pièces de 98 m 2 à 304 000 € .
+ 17,0% en un an

Gif-Sur-Yvette
3 431 € le m2

Chic et chère
Entre ville et campagne, à quelques lieues de la vallée de Chevreuse, et à 42 minutes de Paris par le RER B, Gif-sur-Yvette cultive avec soin son image de ville de banlieue chic. Un standing qui se traduit par des niveaux de prix toujours élevés, le prix du mètre carré d’un appartement, en hausse de 12,2% entre 2005 et 2006 selon la Fnaim, se négocie actuellement 3 756 € en moyenne. Le seuil des 4 500 € le m 2 est même souvent dépassé dans les résidences chics de Vatonne et de Chevrie. A titre de comparaison, il était à peine au-delà des 2 000 € en 2000. Le marché est-il toujours orienté à la hausse ? Nicolas Le Bournot chez Consilium constate plutôt un « rééquilibrage du marché » . Dans le neuf, un seul programme est actuellement commercialisé. Nexity Féréal propose quelques maisons à des tarifs variant entre 228 000 € pour un pavillon de 54 m² à 367 000 € pour 83 m². Chic, on vous dit.
+ 10,3% en un an

Juvisy-Sur-Orge
2 868 € le m2

Le luxe des deux gares
C’est un avantage que peu de villes d’Ile-de-France peuvent s’enorgueillir de posséder. Grâce à ses deux gares de RER (C et D) qui permettent de relier Paris en une vingtaine de minutes, Juvisy-sur-Orge reste très prisée. Mais la proximité de la capitale n’est pas le seul atout de la commune, également appréciée pour son cadre naturel relativement préservé. Les bordures de l’Orge, les six parcs dont la surface totale s’élève à douze hectares donnent à Juvisy-sur-Orge un petit air de province. Des atouts qui ont entraîné une sévère hausse des prix ces dernières années, se montant à 94,4% en cinq ans, et à 17,3% sur la seule année 2006 selon les Notaires pour s’élever à 2 868 € le m 2 en moyenne. Bonne nouvelle pour les futurs acheteurs, le marché se calme. « Parce que les prix de certains biens sont trop élevés, les propriétaires n’ont pas d’autre choix que de les réactualiser à la baisse », déclare Fabienne Masse chez APP Immobilier.
+ 17,3% en un an

Longjumeau
2 700 € le m2

Pour tous les budgets
Très bien desservie par les autoroutes A6 et A10, par le RER C, Longjumeau attire tous les budgets. Des gens les plus modestes, heureux d’acquérir une petite maison de ville mitoyenne à moins de 200 000 € – il en reste quelques-unes – aux plus aisés capables de débourser plus de 400 000 € pour un pavillon individuel avec un morceau de terrain. Après un bond de 23,3% enregistré en 2006, le mètre carré se négocie en moyenne 2 700 € . Soit plus du double que celui observé en 2001, selon les Notaires. Signe que la ville, comme ses voisines, s’embourgeoise. Une montée en gamme également perceptible sur le marché du neuf. Dans les cinq programmes en cours de commercialisation, le tarif moyen du mètre carré dépasse assez facilement les 4 000 € .
+ 23,3% en un an

Massy
2 705 € le m2

Le changement de statut se confirme
Ville ouvrière par excellence, Massy fait désormais partie des communes très prisées par les bobos aisés, et à la recherche d’un logement un peu atypique, si rare et cher dans la capitale. En quelques années, les anciens locaux industriels ont été transformés en superbes ateliers d’artiste ou en magnifiques appartements aux volumes impressionnants, notamment aux abords du quartier Vilmorin, proche des transports. Mais ces petits bijoux se font désormais très rares. Forte demande et offre insuffisante maintiennent le prix du mètre carré à la hausse. Il a bondi de 15,8% en 2006 pour se négocier en moyenne à 2 705 € . « Mais on ne peut plus parler de flambée des prix. Le marché s’assagit, les délais de transaction s’allongent, les stocks se reconstituent », précise Marc Genin de l’agence de l’Adresse Vilmorin. Dans le neuf, un seul programme est en cours de commercialisation, proposé par Eiffage Immobilier. Quelques maisons de 3 pièces sont encore disponibles, au tarif de 215 000 € . Le prix à payer pour habiter à 25 minutes de Paris par le RER B reste donc élevé.
+ 15,8% en un an

Orsay
3 536 € le m2

L’université chic et verte
Commune chic à l’orée de la non moins chic vallée de Che vreuse, Orsay séduit toujours autant. Notamment les familles aisées qui souhaitent allier le calme de la campagne verdoyante et la proximité de Paris, à 36 minutes par le RER B. Conséquence, les prix continuent de s’emballer. Selon la Chambre des Notaires de Paris, le mètre carré a bondi de 14,5% sur un an au troisième trimestre 2006 pour s’établir à 3 536 € . Il peut dépasser aisément les 4 500 € en centre-ville. Principales cibles des investisseurs, qui y logent les nombreux étudiants qui ont choisi de se former dans cette ville universitaire, les petites surfaces – studios et 2-pièces – sont de plus en plus difficiles à dénicher. Le marché semble néanmoins s’assagir. « La flambée des valeurs s’est éteinte. Les prix sont désormais stabilisés », constate Yvette Hervé chez Act Immobilier.
+ 14,5% en un an

Palaiseau
3 000 € le m2

Le marché s’assagit
Plus chic que sa voisine Massy, Palaiseau séduit une clientèle plutôt aisée, attirée par un parc immobilier de standing et par un cadre de vie agréable, à proximité du plateau de Saclay et des vallées de l’Yvette et de la Bièvre. Selon la Fnaim, le mètre carré se négocie aux alentours de 3 000 € , en hausse de 10,4% en 2006. Evidemment, le centre-ville, embelli par les travaux de requalification engagés depuis 2002, les alentours de la gare du RER B – qui permet de joindre Paris en 28 minutes –, et le quartier de Lozère restent privilégiés par les futurs acquéreurs. Dans ces secteurs, il n’est pas rare que la barre des 4 000 € du m 2 soit franchie. La hausse se calme néanmoins. Selon Marc Bénichou de l’Agence de la Vallée, en raison de la flambée des prix observée ces dernières années, les acquéreurs sont désormais « en position d’attente » . Ce qui permet la reconstitution des stocks et facilite la stabilisation des prix. A noter pour les amateurs de neuf, aucun programme n’est à l’heure actuelle commercialisé sur le territoire de la commune. La faute à une réserve foncière de plus en plus réduite.
+ 10,4% en un an

Viry-Châtillon
2 778 € le m2

Le retour de l’équilibre
A moins de 35 minutes de Paris par le RER D, Viry-Châtillon est désormais très recherchée par les acheteurs découragés par la flambée des prix en petite couronne. Un succès qui entraîne mécaniquement un net déséquilibre du marché local, l’offre étant insuffisante pour absorber la forte demande, notamment de pavillons. Résultat, Viry-Châtillon fait partie des villes qui ont enregistré l’une des plus fortes hausses des prix en 2006 : +27,8% selon les Notaires de Paris (+110% en cinq ans). Le mètre carré se négocie actuellement à 2 778 € en moyenne. Avec des pointes à plus de 3 200 € le m 2 près de la gare, ou dans les quartiers du Lac et des Coteaux de l’Orge. Certes, ce niveau de prix reste sans commune mesure avec celui pratiqué dans les communes plus huppées et plus proches de la capitale que Viry-Châtillon. Mais il est inédit, déstabilisant la demande locale. « L’offre et la demande s’équilibrent, et entraînent une stabilisation des prix. Les logements trop chers ne trouvent plus immédiatement acquéreurs », constate Thierry Lapart, de l’agence du Golf.
+ 27,8% en un an